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Information
générale
Trop souvent dans la vie, on honore les gens une fois qu'ils sont décédé. C'est ce que disait Paul Laforest, il y a quelques semaines à peine, en faisant allusion à Jean-Paul Lapointe, un artiste-peintre de Chicoutimi qui vient d'entrer dans la phase terminale d'un cancer qui le ronge depuis quelques mois. Il faut croire que le message a été bien entendu puisque l'Office du tourisme et des congrès du Haut-Richelieu a décidé de rendre hommage à M. Laforest à l'occasion de la première édition de ses Prix reconnaissance qui avait lieu hier soir, au Théâtre des Deux Rives.
Cet hommage est amplement mérité. Il témoigne de la passion peu commune de cet homme pour le milieu des arts et de la culture. Une passion qui est loin d'être éteinte (M. Laforest n'est âgé que de 67 ans) et qui nous vaudra sans doute plusieurs autres belles Rencontres avec les plus grands artistes du Québec dans le domaine de la peinture et de la sculpture. Du moins faut-il l'espérer.
Tout au long de sa vie, ce personnage public, qui est aussi reconnu pour sa nervosité et sa sensibilité à fleur de peau, s'est investi à fond dans tout ce qu'il a entrepris. À commencer par cette carrière dans l'enseignement qui s'est échelonnée sur une période de 35 ans. Ça reste à vérifier, mais M. Laforest serait le premier professeur de géographie, dans tout le Québec, à avoir été embauché à plein temps au niveau secondaire. Pendant neuf ans, il a aussi été animateur culturel à l'école Dr Alexis-Bouthillier, ce qui a permis aux élèves de cet établissement d'effectuer plusieurs voyages à l'étranger.
Avant de se faire montrer la porte de sortie de façon cavalière en 1992, Paul Laforest a été promoteur de spectacles durant 17 ans à l'auditorium du Cégep Saint-Jean-sur-Richelieu. Dix-sept années au cours desquelles il a pris bien des risques financiers pour attirer les plus grands noms de l'humour, de la chanson et du théâtre à Saint-Jean-sur-Richelieu. Sa contribution a d'ailleurs été passée sous silence lors de l'inauguration du Théâtre des Deux Rives en septembre dernier, ce qui n'a pas manqué de blesser cet homme qui méritait mieux pour tout ce qu'il a fait avant de céder la place à la SPEC. Lors de cette soirée d'inauguration, il aurait aussi fallu rendre hommage à Ludger Ferland et Claude Robillard, deux hommes qui ont énormément fait pour assurer la viabilité de cette salle dont l'ouverture remonte au début des années 60. Peut-être le fera-t-on un jour.
C'était mal connaître Paul Laforest que de s'imaginer qu'il baisserait les bras après cet épisode de sa vie qui s'est mal terminée. Lentement mais sûrement, il a planifié ce grand rendez-vous annuel qu'est devenue cette Rencontre des Arts à laquelle les plus grands peintres et les plus grands sculpteurs du Québec veulent être associés. La réputation de cet événement est devenue si grande avec le temps que c'est sans difficulté aucune qu'il parvient à convaincre des vedettes aussi réputées que Jean Lapointe, Jean-Pierre Ferland, Gilles Vigneault, Yvon Deschamps et Alain Stanké à s'y impliquer de façon tangible. Au même titre d'ailleurs que le lieutenant-gouverneur du Québec, Lise Thibault, qui se fait un honneur et un plaisir de nous rendre visite chaque année.
Derrière la présentation de cet événement se cache un travail colossal qui l'oblige à rendre visite à la plupart des artistes que nous accueillons chaque année, d'où cette amitié qu'il a développée avec les membres de la famille Bourgault, de Saint-Jean-Port-Joli. Un nom célèbre parmi tant d'autres dans ce milieu qui mériteraient d'être mieux connus du grand public.
Sa passion pour l'art ne se limite pas qu'à l'organisation et à la présentation de cet événement. Paul Laforest est aussi un collectionneur. À un point tel que sa résidence a pris les allures d'un musée au fil des ans. On parle ici de plusieurs centaines d'oeuvres qui viennent de tous les coins du Québec et qu'il conserve précieusement pour les générations à venir. D'ailleurs, son plus grand souhait serait que toutes ces oeuvres se retrouvent dans un musée après sa mort. Un musée régional, on s'entend.
Oui, c'est une excellente idée qu'a eue l'Office du tourisme et des congrès du Haut-Richelieu d'en faire le premier récipiendaire de son Prix hommage. De son vivant, de surcroît.
Allez, Monsieur Laforest, savourez pleinement cet honneur que l'on vous rend aujourd'hui. Et soyez sans crainte, on se souviendra de vous pendant longtemps après votre mort que l'on souhaite la plus lointaine possible. Votre départ laissera un vide qu'il sera difficile à combler dans le milieu des arts et de la culture. Tout le monde sait ça, et c'est pourquoi vous méritez notre respect.
Gilles Lévesque, rédacteur en chef
journal Le Canada Français
Saint-Jean-sur-Richelieu
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